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Que font-ils ? Que pensent-ils ? Comment se situent-ils ?
Depuis le 13 juillet dernier, date à laquelle j’ai lancé un appel au débat en vue de l’organisation de Primaires à Gauche pour les Législatives de 2012, l’une des principales associations progressistes des Français de l’étranger, ADFE-Français du Monde, n’a pas réagi.
Que font-ils ? Que pensent-ils ? Comment se situent-ils ?
A l’heure où le rassemblement, la mobilisation des forces progressistes est plus que nécessaire au sein de notre communauté, ADFE-Français du Monde répond aux abonnés absents. Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?
Le premier secrétaire du PS, Franck Scemama, qui est aussi membre de Français du Monde et surtout un démocrate à part entière,  a réagi à l’appel.
Anthony Grolleau-Fricard, Président du Modem Canada, de même que Marc A. Cormier, des Radicaux de Gauche, ont activement relayé l’appel.
Mais quid de Français du Monde ? Son rôle est capital dans l’organisation d’un tel débat.
Voici, pour information, l’appel lancé le 13 juillet dernier :
La communauté française progressiste d’Amérique du Nord doit montrer l’exemple
L’année 2012 sera une étape électorale cruciale pour notre pays, la France. Elle sera historique pour la communauté française de l’Etranger, avec l’élection de ses premiers députés.
Nous sommes nombreux à considérer cette élection comme une avancée significative dans la représentativité des citoyens et citoyennes français établis hors métropole, départements et régions d’outre-mer.
Nous pensons aussi que ce scrutin peut être un vecteur d’union et de mobilisation supplémentaire pour notre communauté, peu encline à s’exprimer massivement à l’occasion de l’élection de ses conseillers à l’Assemblée des Français de l’Etranger, mais démontrant encore un grand intérêt à peser sur les scrutins de portée nationale.
Cette première élection des députés des Français de l’Etranger apparaît déjà comme un test collectif de grande ampleur. Elle va permettre d’expérimenter, et nous l’espérons, de valider à l’échelle du continent nord-américain, la vigueur démocratique d’un réseau communautaire diversifié et largement disséminé, de Montréal à San Francisco, de Vancouver à Miami, de New-York à Los Angeles.
L’expérience est inédite. L’échelle hors-norme, et la préparation d’un tel rendez-vous ne peut souffrir l’approximation ni se montrer commune à toute autre échéance électorale : à scrutin exceptionnel, doivent répondre des moyens tout aussi exceptionnels.
Les citoyens progressistes de notre communauté ont l’exigence d’être exemplaires. Ils doivent se montrer dignes de l’enjeu collectif qui se présente à eux. Les élections des conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger sont – est-il, hélas, nécessaire de le souligner -, trop souvent, le théâtre d’une forme d’amateurisme que nous ne pouvons souffrir pour la première élection de nos législateurs français de l’Etranger.
A un peu plus d’un an du démarrage officiel de la campagne électoral, il n’est pas trop tard pour en appeler à l’union des forces progressistes et à l’organisation de Primaires dans l’optique de désigner celle ou celui qui portera le projet que nous défendrons.
Ces Primaires, dès lors et de facto, ont plusieurs raisons d’être.
La première, nous l’avons déjà mentionné, concerne l’immensité du territoire couvert par cette élection : la circonscription d’Amérique du Nord comprend deux immenses pays, le Canada et les Etats-Unis, couvre une surface de près de dix millions de kilomètres carrés avec des villes distantes de plus de cinq mille kilomètres, pour les plus éloignées d’entre elles. Dans ce contexte, et alors que le gigantisme du territoire ne peut être pallié par le travail du réseau consulaire, force est de constater que l’on ne peut prendre en considération une seule communauté française mais bien plusieurs communautés françaises d’Amérique du Nord. Comment, par exemple, concilier, le temps de la campagne officielle des Législatives, les intérêts de la communauté française de Montréal avec celle de San Francisco ou de Miami ? Les réalités locales sont bien trop différentes pour être artificiellement rassemblées sous une seule et même bannière.
Compte tenu de l’immensité de la circonscription, une présentation et un travail préalable des candidats en lice sur le terrain apparaît donc indispensable pour assurer une bonne compréhension des réalités vécues dans les différentes communautés françaises d‘Amérique du Nord. Les Primaires seraient un bon moyen d’informer nos concitoyens qui, rappelons-le, sont environ 185.000, répartis sur tout le territoire ; plus de 115.000 le sont aux États-Unis, ce qui en fait le deuxième pays d’accueil des Français résidant à l’étranger, et près de 70.000 sont enregistrés au Canada. Si la taille de cette communauté n’a pas évolué depuis 2008, notons que la répartition entre les deux pays qui composent cette zone s’est légèrement modifiée au bénéfice du Canada.
La deuxième raison concerne le risque de démultiplication des candidatures par poches de communautés ainsi que la dispersion des voix progressistes au premier tour des Législatives, avec le danger ultime d’une dispersion si grande qu’elle condamne la présence d’un candidat progressiste pour le second tour. Souvenons-nous de 2002…
La campagne des Primaires assurerait l’expression des différentes tendances progressistes et légitimerait, à son issue, l’union des forces en faveur d‘une ou d‘un seul candidat. Nous assurerions, dès lors et à coup sûr, la présence de notre candidate ou candidat pour le second tour des Législatives.
La troisième raison concerne le projet progressiste lui-même : les Primaires donneront lieu à un ensemble de débats, de propositions, au terme desquels il sera possible de faire émerger un programme commun.
La quatrième raison a trait à notre électorat : les partis institutionnels eux-mêmes éprouvent bien des difficultés à mobiliser leur troupe compte tenu de la vastitude du réseau couvert. Les Primaires permettraient de sensibiliser l’électorat progressiste, à l’échelle du continent, mais aussi de connaître sa répartition aussi bien que ses attentes. N’oublions pas, et contrairement à ce que certains responsables de partis politiques laissent entendre, que les enjeux seront éminemment d’ordre local lors de la campagne législative de 2012 ; j’en veux notamment pour preuve le fait que près de la moitié des ressortissants français enregistrés en Amérique du Nord ont la double-nationalité, et dès lors partagent tout autant des préoccupations liées à l’actualité française qu’à celles relatives aux problématiques propres au continent nord-américain.
Enfin, la cinquième raison tient à la légitimité de la désignation des candidatures elles-mêmes : les partis qui sélectionnent leur candidats selon les stratégies définies au sein des officines parisiennes et déconnectées des réalités du terrain à l’étranger, entachent forcément d’approximation une telle forme de désignation.
Les Primaires permettraient de légitimer le ou la candidate au terme de débats portant certes sur les enjeux de portée nationale mais aussi sur les questions d’ordre plus local.
Je suggère de lancer la campagne des Primaires au mois de mars 2011 et de l‘animer durant sept mois, la désignation effective de notre candidate ou candidat devant être assurée quelques mois avant la date de dépôt des candidatures pour les Législatives.
La préparation de ces Primaires doit donc débuter dès l’automne prochain avec la constitution d’un comité d’organisation rassemblant des représentants des différents organismes et partis de sensibilité progressiste, plus trois représentants de la société civile comme observateurs indépendants.
La campagne et le vote pour les Primaires auront lieu principalement sur internet : il nous faut donc trouver un outil efficace et sécurisé pour assurer une élection sans risque de fraude ni de contestation, et désigner des responsables de secteurs géographiques, chaque secteur étant rattaché à une grande ville, pour assurer l’enregistrement et la pleine participation des votants.
Quant au financement de ces Primaires, et après que le comité d’organisation aura établi le coût d’une telle campagne, je suggère une participation minimale de chaque électeur inscrit ainsi qu’un engagement raisonnable des partis qui y prendront part. Cela reste à définir.
Cet exercice démocratique sera certes formidable pour toutes nos forces progressistes, leur donnant un élan significatif en vue des Législatives, mais il n’en sera pas moins utile à l’ensemble de la communauté française d’Amérique du Nord en ce qu’il publicisera les enjeux électoraux bien des mois avant la campagne officielle elle-même.
Je serai l’un des principaux artisans de ces Primaires, que j’appelle de mes vœux depuis longtemps déjà , car au-delà même de la défense de nos valeurs politiques, et conscient de la magnifique expérience démocratique qui s’offre à nous avec cette élection, je souhaite ardemment l’expression pleine et entière de l‘idéal républicain même à l‘extérieur de nos frontières.
Tous les démocrates progressistes se joindront à cette initiative dans la dynamique historique qui se présente à eux. J‘en suis convaincu. Il en va de l’honneur d’une cause, de la force de nos principes, et de la grandeur de la France.
Philippe Régnoux
Co-fondateur du collectif « Souriez, Vous êtes Français! »
Après une première rencontre, le 16 octobre 2009, autour de la question de l’Environnement, le Club « Souriez » s’est réuni pour la deuxième fois, le 25 novembre dernier, pour traiter de la question de l’Emploi.
Lors de cette seconde rencontre furent discutés les réalités effectives qui se posent aux travailleurs français désireux de venir s’installer en Amérique du Nord, et plus spécifiquement au Québec, à la lumière des nouveaux accords signés entre la France et la Belle Province en matière de mobilité professionnelle.
Quatre ateliers de travail se sont donc penchés sur quatre thématiques principales : la reconnaissance des diplômes, la reconnaissance des compétences, la préparation des Français au marché du Travail Nord-Américain, et l’intégration des nouveaux immigrants par le marché du Travail Nord-Américain.
A l’issue des discussions, voici les 10 propositions qui ont été émises par le Club « Souriez » pour les questions liées à l’Emploi des nouveaux arrivants :
- Nous souhaitons recommander aux Français arrivants de réfléchir à l’opportunité de compléter leur formation au Québec, quel que soit leur âge, quel que soit le domaine d’activité, lorsque cela n’est pas spécifiquement prévu dans le cadre des Accords de Reconnaissance Mutuelle. Nous pensons qu’il est essentiel, pour les Français qui souhaitent s’installer en Amérique du Nord pour y travailler, de privilégier au maximum la formation tout au long de la vie tel que cela est communément admis et pratiqué de ce côté-ci de l’Atlantique ;
- Pour les Français qui veulent utiliser le Québec comme tremplin pour découvrir l’Amérique du Nord, nous pensons qu’il est nécessaire de ne pas se reposer sur la pratique du français dans la Province et qu’il convient de maîtriser la langue anglaise avant le départ ;
- Nous sommes pour la création d’un interlocuteur indépendant des Ordres professionnels qui garantisse une harmonisation de la reconnaissance des diplômes au Québec entre les Ordres, les universités et les organismes de formation ;
- Nous sommes favorables à l’harmonisation de la reconnaissance des diplômes et des compétences au niveau fédéral, entre toutes les provinces canadiennes, et ce dans le cadre de l’Accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe ;
- Nous souhaitons une uniformisation plus accrue entre l’approche par compétences nord-américaine et la reconnaissance par diplôme à la française ;
- Nous pensons que le Canada doit offrir une plus grande sensibilisation aux réalités du pays avant que les Français n’immigrent ;
- Nous recommandons aux Français qui souhaitent immigrer au Canada de procéder à un voyage exploratoire, de s’informer sur les réalités qu’ils vont rencontrer en participant aux sessions d’informations du BIC, du MICC, de l’AMPE et de l’OFII ; nous souhaitons privilégier la voie du mentorat avec les entreprises canadiennes ;
- Nous sommes favorables au jumelage entre nouveaux arrivants et Français installés depuis plusieurs années au Canada ;
- Afin de contrer la précarité grandissante des jeunes Français arrivant au Québec du fait notamment d’une utilisation abusive du Permis Vacances Travail (PVT), nous en appelons à un assouplissement du visa Jeunes Professionnels pour le rendre plus accessible et permettre ainsi aux jeunes professionnels qui disposent d’une qualification professionnelle de venir en période exploratoire au Québec sur une période de 18 mois ;
- Nous souhaitons nous appuyer sur les délégations économiques notamment pour apporter une information de pré-départ plus poussée auprès des jeunes Français qui souhaitent émigrer au Canada pour des raisons uniquement professionnelles ;
